L'attaque du Parc de Bruxelles par les Volontaires en 1830


Bientôt on apprit à Bruxelles que le prince Frédéric était arrivé à Anvers avec six bateaux à vapeur remplis de troupes et qu'il était venu camper à Vilvorde. Tout le pays se souleva aussitôt et de tous côtés, de Liège, de Wavre, de Jemmapes arrivèrent des troupes de volontaires armés de haches, de fourches, de fusils de chasse. Le lieutenant Pletinckx se mit à la tête des Bruxellois déterminés à défendre leur cité.


Le prince Frédéric marchait sur Bruxelles, à la tête de 10.300 hommes et 26 pièces de canon. La principale attaque devait être dirigée contre le haut de la ville où l'on voulait s'emparer du Parc. Du haut des tours de Sainte-Gudule on pouvait observer les mouvements de l'ennemi. Le 23 septembre, à deux heures du matin, Pletinckx entendit les chasseurs de la garde hollandaise sonner la diane. Quand il inspecta une dernière fois les postes, la ville était couverte de plus de cinq cent cinquante barricades.

A 8 heures du matin, les défenseurs de la barricade de la porte de Schaerbeek virent apparaître le corps principal des ennemis, deux bataillons de grenadiers, un bataillon de chasseurs de la garde et six bataillons d'infanterie avec douze pièces d'artillerie. Reçus par un feu très vif des volontaires, les Hollandais balayèrent tout la rue Royale par les décharges de leur batteries et vinrent s'établir dans le Parc tandis que les Volontaires se fortifiaient solidement derrière la grande barricade élevée à l'entrée de la place Royale, entre le café de l'Amitié et l'hôtel Belle-Vue. Le chef d'escadron Kramer voulut s'emparer de cette barricade. Mais un feu nourri partant des meurtrières, des fenêtres, des toits, fit échouer cette tentative. Kramer et presque tous ses hommes furent abattus par les tirailleurs qui occupaient les édifices voisins.

L'Union politique imaginée par les diplomates entre deux peuples qui n'avaient aucune sympathie l'un pour l'autre, se trouvait rompue de fait. Le sang avait coulé dans les rues de Bruxelles et les troupes hollandaises avaient été forcées de se retirer. Les désordres avaient duré deux jours. Le peuple attendait désormais les évènements avec le calme d'une résolution énergique. Une députation se rendit auprès du roi, à La Haye, pour lui demander le renvoi de ministres détestés et la convocation des Etast généraux. Guillaume Ier, dans son ignorance obstinée des hommes et des choses de son siècle, considérait toute concession comme le renversement de tout gouvernement légal. Le prince d'Orange offrit alors d'aller tout seul à Bruxelles pour se rendre compte de l'état des esprits et pour entrer en négociations avec les rebelles. Le 1er septembre, lorsqu'il pénétra dans la ville insurgée, il ne vit sur son passage que des visages irrités, les rues hérissées de barricades et les couleurs brabançonnes remplaçant partout la cocarde orangistes. Arrivé à l'hôtel de ville, il invoqua la fidélité des citoyens et termina le cri de Vive le roi ! auquel le peuple répondit par celui de Vive la liberté ! A bas Van Maanen ! Il put se souvenir alors que c'était son aïeul, le grand Taciturne, qui avait enseignés aux Belges la résistance contre les oppresseurs.


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